La Chronique

COMME_DES_ETOILES  LOGO_FORTERESSES

"Comme des Etoiles" nous transporte et nous fait revivre d'une manière remarquable les événements qui ont amené à la création du royaume chrétien de Jérusalem à la toute fin du XIe siècle et au tout début du siècle suivant. A la manière des chroniqueurs d'antan, tel Geoffroy de Villehardouin (un siècle plus tard), l'auteur nous relate les faits tels qu'ils nous sont parvenus, agrémentant ci et là des anecdotes que l'Histoire avait mis de côté, formant la trame d'un roman passionnant sur plusieurs points. Tout le monde, ou presque, connait cette formidable épopée de la Première Croisade, celle prêchée par le pape Urbain II à Clermont en 1095. Bien peu cependant savent que l'armée franque avait à sa tête des seigneurs "immenses"... Je ne parle pas ici du très connu Godefroy de Bouillon, mais de ses frères et cousins, notamment les deux premiers rois de Jérusalem : Baudouin de Boulogne et son cousin Baudouin du Bourg (Bourcq et sa motte castrale), originaires et possessionnés dans nos régions du nord de la France, en lisière de la forêt inextricable des Ardennes, et qui laissèrent à jamais leurs noms en lettres d'or dans cet Orient de légende. Elyane Gorsira-Ronnet est en cela une merveilleuse conteuse, car outre l'extrême exactitude des faits, elle réussi le pari de nous faire revivre, notamment du côté des princesses de Jérusalem (Arda et Adélaïde), mais aussi du Basileus byzantin Alexis Comnène, l'Aventure de ces "conquistadors" d'un autre temps. Vivement la suite !!! *

* 5 tomes sont à paraître : "Hodierne de Rethel", "Cécile de France", "Mélisende de Jérusalem", "Jérusalem et Byzance", "Sybille de Jérusalem".

Extrait choisi :

"Arda, qui se trouvait à Jaffa, était effondrée. Pour la deuxième fois en l'espace de quelques mois, son seigneur était porté disparu dans cette maudite cité de Ramla. Elle allait s'enquérir auprès de monseigneur de Rouen des derniers événements, quand des hurlements de désespoir lui parvinrent des murailles orientales de la ville. Elle s'y dirigea angoissée, escaladant les marches grossièrement taillées dans le roc et se figea, mortellement pâle devant la vision d'horreur qui s'étendait sous ses yeux. Là, devant elle, s'étalant sur des lieues et des lieues, l'armée égyptienne avait monté des tentes et assiégait la ville. Elle les entendait hurler leur joie et leurs menaces et manqua défaillir lorsqu'elle vit l'un d'entre eux brandir au bout d'une pique la tête de son mari."

Quelques mots de l'auteur :

Elyane Gorsira-Ronnet : J’ai souhaité faire revivre ces personnages oubliés de l’Histoire, ceux liés à l’établissement du royaume franc de Jérusalem, rappeler leurs passions, leurs souffrances et leurs joies.  En arrière-fond, il y a la guerre endémique, suivie de réconciliations, d’alliances et de contre-alliances, entre Francs, Arabes, Turcs, Byzantins ou Arméniens. Il y a l’opposition, l’incompréhension des Croisés fraîchement débarqués, qui ne conçoivent pas l’entente (précaire) de leurs compatriotes, établis depuis plusieurs années, avec leurs voisins musulmans ou chrétiens orthodoxes.  Plutôt que de les seconder, ils dénoncent leur « indolence » et par leur maladresse, remettent en question le fragile équilibre du royaume de Jérusalem…  Les évènements actuels ne sont que la répétition ou la continuation de cette période combien captivante. Pour écrire ce livre, je me suis inspirée des chroniqueurs qui furent un peu les correspondants de guerre de cette période de l’histoire des Croisades.  Qu’ils soient Byzantins, Français, Arabes, Arméniens ou Turcs, ils furent non seulement contemporains des faits, mais aussi présents sur les champs opérationnels, ils y participèrent en tant que guerriers, prélats, princes ou simples témoins. Tels Anne Comnène pour Byzance ; Raymond d’Aguilers, Foucher de Chartres, le chevalier anonyme, Raoul de Caen, Richard le Pèlerin, Guillaume le Chancelier, Guillaume de Tyr… pour les sources franques ; Ibn al Qalanissi de Damas, Ibn al-Athîr de Mossoul, Kemal ed-Dîn d’Alep, Ousâma Munqidh de Chaîzar, pour les sources arabes ; Mathieu d’Édesse, pour les sources arméniennes et enfin Michel le Syrien, pour les sources syriaques.